Publié le 21/11/2023

Les déserts médicaux : des clés pour comprendre

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Les déserts médicaux en extension en France sont la conséquence d’un déclin de la démographie médicale, liée à la fois aux effets du numerus clausus et aux nombreux départs en retraite de médecins qui ne sont pas remplacés. Les causes multifactorielles de ce phénomène inédit.

Les déserts médicaux : des clés pour comprendre

Selon l'Atlas de la démographie médicale du Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom), le nombre de médecins généralistes en activité régulière, au 1er janvier 2022, a diminué de 11% depuis 2010 et de 0,9% au cours de la dernière année. Ils sont 84 133 enregistrés, soit une perte de 10 128 médecins en 12 ans. Beaucoup de praticiens arrivent aujourd’hui à l’âge de la retraite et les nouvelles générations ne sont pas assez nombreuses pour compenser ces départs.

Des effectifs de médecins en baisse

Cette baisse devrait se poursuivre dans les dix prochaines années, notamment en raison du départ en retraite de près d’un quart des effectifs. Le Conseil de l’ordre estime qu’en 2025 les généralistes qui exercent de façon régulière ne seront plus que 81 912. Plus d'un quart d'entre eux ont plus de 60 ans, ce qui risque d’accentuer la diminution de leur nombre dans les années à venir.

À cette tendance s’ajoute le basculement d’un mode d’exercice libéral de la médecine vers un autre, salarié ou mixte (libéral et salarié) en progression en 2021 :

•    56,2 % des médecins généralistes exercent en libéral uniquement ; 
•    37,4 % sont salariés ;
•    6,4 % sont en exercice mixte.

Le numerus clausus est en grande partie responsable de la situation

Institué en 1972 pour limiter la démographie médicale, le numerus clausus (c’est-à-dire le nombre d’étudiants en médecine accédant à la 2ème année) a eu pour conséquence la division par 2,4 du nombre de médecins formés entre 1972 et 1992. Le phénomène de déserts médicaux que nous connaissons actuellement est notamment dû au niveau insuffisant du numerus clausus pendant les années 1990.

L’énorme creux des années 1985-2005, qui aurait dû être corrigé 10 ans plus tôt, sera impossible à rattraper.

Sachant qu’il faut dix ans pour former un médecin, cette baisse a réellement impacté les effectifs de médecins à partir du milieu des années 2000. Aboli en 2020, le numerus clausus n’en continuera pas moins à faire sentir ses effets pendant de nombreuses années encore.

La réalité est qu’aujourd’hui c’est près de 87 % des Français qui sont concernés par l’extension des déserts médicaux et par ses effets délétères sur l’accès aux soins.

Eric Camus

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